À l’heure où la moindre défaillance mécanique peut ruiner des semaines de préparation, l’équipe Lidl-Trek a fait un choix technique remarqué : adopter une transmission monoplateau sur les Classiques flandriennes.

Pourquoi Lidl-Trek choisit le monoplateau pour affronter les pavés ?
Ce changement de cap, impulsé par des essais réalisés en gravel, repose sur l’utilisation du groupe SRAM RED XPLR AXS, initialement conçu pour le tout-terrain. Cette décision s’est imposée après plusieurs mois d’expérimentations, de retours de coureurs et de validations en course.

Une idée née sur les chemins en gravel
C’est en août 2023 que Glen Leven, responsable du support technique chez Lidl-Trek, engage une réflexion sur les possibilités offertes par la transmission XPLR. Lors d’une sortie personnelle en gravel au Luxembourg, il est frappé par la fluidité du changement de vitesses malgré les sollicitations importantes. Le comportement de son Trek Checkmate le pousse à envisager l’idée d’un transfert de cette technologie vers les Classiques pavées.
Voir cette publication sur Instagram
En lien avec les équipes de SRAM, Leven monte un projet de test, qu’il présente à Mads Pedersen. Le Danois réalise un premier essai en octobre sur un Trek Madone équipé du groupe monoplateau. Les premières impressions sont positives, notamment en matière de stabilité du dérailleur et de réactivité au passage des vitesses.
- À lire aussi : Pourquoi les coureurs Lidl-Trek portent-ils des casques différents lors des contre-la-montre ?
Ce retour entraîne une phase de tests plus poussée, avec trois jours d’évaluation en conditions réelles sur les pavés en janvier. Pedersen et son coéquipier Alex Kirsch confirment leur préférence pour le monoplateau dans ces contextes exigeants.
Une configuration validée sur Gand-Wevelgem
Le 30 mars, Mads Pedersen s’impose à Gand-Wevelgem après une attaque en solitaire lancée à 60 kilomètres de l’arrivée. Il utilise ce jour-là une configuration monoplateau avec une cassette 10-46 et un plateau de 56 dents. Jonathan Milan complète le podium avec une troisième place. Quelques heures plus tard, Elisa Balsamo prend la deuxième place de l’épreuve féminine, également équipée du groupe XPLR.

Ces résultats renforcent l’approche retenue par l’équipe pour ce printemps. À ce jour, Lidl-Trek cumule quatre podiums avec cette transmission. Le choix repose sur une logique simple : réduire les risques. Le système monoplateau élimine les aléas liés au changement de plateau, évite les blocages potentiels et simplifie le fonctionnement général. Le groupe XPLR est conçu pour résister aux chocs et aux irrégularités de la route, sans ajouter de poids. Il conserve une plage de développements comparable à un système 2x grâce aux cassettes 13 vitesses.
Avantages mécaniques et limites tactiques
L’usage du monoplateau présente plusieurs bénéfices techniques. La suppression du dérailleur avant diminue le risque de déraillement, tout en allégeant les interventions mécaniques.
Le dérailleur arrière XPLR, plus robuste, reste stable même dans les zones très dégradées. L’ensemble permet aux coureurs d’évoluer avec plus de sérénité, en limitant les manipulations et les erreurs de transmission.

Mais cette configuration impose une sélection plus large entre les vitesses. Avec 13 rapports, les cyclistes disposent d’un étagement moins fin que sur une configuration double. Dans certaines situations, cela peut nuire à la fluidité des relances. Glen Leven cite en exemple le Vieux Quaremont, où les coureurs doivent alterner rapidement entre des vitesses de relance et de montée. Le risque de perdre quelques secondes est présent, mais il reste acceptable pour les coureurs concernés.

Chez Lidl-Trek, le choix du 1x n’est pas imposé. Chaque coureur peut opter pour une configuration adaptée à ses préférences et à son style de course. Pour le moment, Mads Pedersen et son entourage technique ont validé le groupe XPLR pour les pavés. Le cadre utilisé, le Trek Madone, est compatible avec la patte de dérailleur universelle (UDH), ce qui facilite l’intégration des composants SRAM issus d’autres disciplines, comme le VTT ou le gravel.

Cette compatibilité offre plus de flexibilité dans la composition des vélos. Elle permet d’explorer des combinaisons techniques issues d’autres terrains de pratique. Pour Glen Leven, cette approche repose sur la possibilité de s’appuyer sur l’ensemble des composants SRAM, sans contrainte majeure d’intégration.
- À lire aussi : Pourquoi les coureurs de la Visma Lease a Bike portent des casques de contre-la-montre ?
Avec ce choix, Lidl-Trek ouvre une voie alternative dans la gestion des courses de printemps. Un coureur, une intuition, une série de tests, et une victoire de prestige : les pavés de 2025 pourraient marquer un tournant dans l’approche matérielle des classiques.
Aucun commentaire pour le moment